18 octubre 2019

TREASURE ISLE
MOOD



TREASURE ISLE MOOD

1. We Are In The Mood (take two) - Royals
2. Come On Little Girl (take two) - The Melodians
3. Things You Say You Love - Jamaicans
4. Tide Is High - The Paragons
5. You Don't Need Me - The Melodians
6. Rock Steady - Phyllis Dillon
7. Soul Style - Duke Reid Group
8. Can't Stand It - Alton Ellis and Lloyd Williams
9. Queen Majesty - The Techniques
10. Heartaches - Vic Taylor
11. Midnight Hour - The Silvertones
12. Midnight Hour - U-Roy
13. My Best Girl - The Paragons
14. Loving Pauper - Dobby Dobson
15. I'll Get Along Without You - The Melodians
16. I'll Never Fall In Love - The Sensations
17. Traveling Man - The Techniques
18. Don't Stay Away - Phyllis Dillon
19. LaLa Means I Love You - Alton Ellis
20. Hey Leroy - Honey Boy Martin

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16 octubre 2019

A BUNCH OF
SINGLES



A BUNCH OF SINGLES

Imagen:
Dancing
Foto de Alan





PALMYRA DELRAN AND THE DOPPEL GANG

1. Tape A Nickel To The Tonearm
(featuring Ben Vaughn, Peter Zaremba, Mike Edison)
·
2. Chica Ye Ye
(featuring Rachelle Garniez)




PROM QUEEN

3. I'm Your Man
·
4. Surrender




CARLO SAVINA

5. Valzer cecko
·
6. Shake delle vergini

De: La scuola delle vergini (Zmluva s diablom, 1967)




SOPHIE MAKHNO

7. Fait chaud
·
8. De mes nouvelles




PATSY TODD
9. Pata Pata Rock Steady
·
ERIC 'MONTY' MORRIS
10. Put On Your Best Dress




DORIVAL CAYMMI

11. Quem vem pra beira do mar
·
12. É doce morrer no mar




LIO

13. É doce morrer no mar
·
14. Quem vem pra beira do mar




BENEDETTO GHIGLIA

15. Mare delle Baleari
·
16. Bira shake

De: Baleari operazione Oro (Zarabanda Bing Bing, 1966)




JOSÉ AFONSO

17. Canção de embalar
·
18. Senhora do Almortâo




ROBERTO MENESCAL
19. Manhã de Carnaval
·
ELIZETH CARDOSO
20. Manhã de Carnaval

De: Black Orpheus (Orfeu negro, 1959)




JORGE BEN

21. Mas que nada
·
22. País tropical




LOS BÓLIDOS

23. Ráfagas
·
24. Por qué me tengo que enamorar




FATS DOMINO
25. Bo Weevil
·
ROY BROWN
26. Let The Four Winds Blow




THE BEN VAUGHN QUINTET

27. Pièce de résistance
·
28. Tape A Nickel To The Tonearm

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09 octubre 2019

TURKISH LADIES
LADIES ON RECORDS

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01 octubre 2019

MA FEMME
MAUPASSANT


Gustave Caillebotte
Barques et cabane, bord de Seine



C’était à la fin d’un dîner d’hommes, d’hommes mariés, anciens amis, qui se réunissaient quelquefois sans leurs femmes, en garçons, comme jadis. On mangeait longtemps, on buvait beaucoup ; on parlait de tout, on remuait des souvenirs vieux et joyeux, ces souvenirs chauds qui font, malgré soi, sourire les lèvres et frémir le coeur. On disait :

— Te rappelles-tu, Georges, notre excursion à Saint-Germain avec ces deux fillettes de Montmartre ?

— Parbleu ! si je me le rappelle.

Et on retrouvait des détails, et ceci et cela, mille petites choses, qui faisaient plaisir encore aujourd’hui.

On vint à parler du mariage, et chacun dit avec un air sincère : « Oh ! si c’était à recommencer !… » Georges Duportin ajouta : « C’est extraordinaire comme on tombe là-dedans facilement. On était bien décidé à ne jamais prendre femme ; et puis, au printemps on part pour la campagne ; il fait chaud ; l’été se présente bien ; l’herbe est fleurie ; on rencontre une jeune fille chez des amis… v’lan ! c’est fait. On revient marié. »

Pierre Létoile s’écria : « Juste ! c’est mon histoire, seulement j’ai des détails particuliers… »

Son ami l’interrompit : « Quant à toi ne te plains pas. Tu as bien la plus charmante femme du monde, jolie, aimable, parfaite ; tu es, certes, le plus heureux de nous. »

L’autre reprit :

— Ce n’est pas ma faute.

— Comment ça ?

— C’est vrai que j’ai une femme parfaite ; mais je l’ai bien épousée malgré moi.

— Allons donc !

— Oui… Voici l’aventure. J’avais trente-cinq ans, et je ne pensais pas plus à me marier qu’à me pendre. Les jeunes filles me semblaient insipides et j’adorais le plaisir.

Je fus invité, au mois de mai, à la noce de mon cousin Simon d’Érabel, en Normandie. Ce fut une vraie noce normande. On se mit à table à cinq heures du soir ; à onze heures on mangeait encore. On m’avait accouplé, pour la circonstance, avec une demoiselle Dumoulin, fille d’un colonel en retraite, jeune personne blonde et militaire, bien en forme, hardie et verbeuse. Elle m’accapara complètement pendant toute la journée, m’entraîna dans le parc, me fit danser bon gré mal gré, m’assomma.

Je me disais : « Passe pour aujourd’hui, mais demain je file. Ça suffit. »

Vers onze heures du soir, les femmes se retirèrent dans leurs chambres ; les hommes restèrent à fumer en buvant, ou à boire en fumant, si vous aimez mieux.

Par la fenêtre ouverte on apercevait le bal champêtre. Rustres et rustaudes sautaient en rond, en hurlant un air de danse sauvage qu’accompagnaient faiblement deux violonistes et une clarinette placés sur une grande table de cuisine en estrade. Le chant tumultueux des paysans couvrait entièrement parfois la chanson des instruments ; et la frêle musique, déchirée par les voix déchaînées, semblait tomber du ciel en lambeaux, en petits fragments de notes éparpillées.

Deux grandes barriques, entourées de torches flambantes, versaient à boire à la foule. Deux hommes étaient occupés à rincer les verres ou les bols dans un baquet pour les tendre immédiatement sous les robinets d’où coulaient le filet rouge du vin ou le filet d’or du cidre pur ; et les danseurs assoiffés, les vieux tranquilles, les filles en sueurs se pressaient, tendaient les bras pour saisir à leur tour un vase quelconque et se verser à grands flots dans la gorge, en renversant la tête, le liquide qu’ils préféraient. Sur une table on trouvait du pain, du beurre, des fromages et des saucisses. Chacun avalait une bouchée de temps à autre : et sous le champ de feu des étoiles, cette fête saine et violente faisait plaisir à voir, donnait envie de boire aussi au ventre de ces grosses futailles et de manger du pain ferme avec du beurre et un oignon cru.

Un désir fou me saisit de prendre part à ces réjouissances, et j’abandonnai mes compagnons.

J’étais peut-être un peu gris, je dois l’avouer ; mais je le fus bientôt tout à fait.

J’avais saisi la main d’une forte paysanne essoufflée, et je la fis sauter éperdument jusqu’à la limite de mon haleine.

Et puis je bus un coup de vin et je saisis une autre gaillarde. Pour me rafraîchir ensuite, j’avalai un plein bol de cidre et je me remis à bondir comme un possédé.

J’étais souple ; les gars, ravis, me contemplaient en cherchant à m’imiter ; les filles voulaient toutes danser avec moi et sautaient lourdement avec des élégances de vaches.

Enfin, de ronde en ronde, de verre de vin en verre de cidre, je me trouvai, vers deux heures du matin, pochard à ne plus tenir debout.

J’eus conscience de mon état et je voulus gagner ma chambre. Le château dormait, silencieux et sombre.

Je n’avais pas d’allumettes et tout le monde était couché. Dès que je fus dans le vestibule, des étourdissements me prirent ; j’eus beaucoup de mal à trouver la rampe ; enfin, je la rencontrai par hasard, à tâtons, et je m’assis sur la première marche de l’escalier pour tâcher de classer un peu mes idées.

Ma chambre se trouvait au second étage, la troisième porte à gauche. C’était heureux que je n’eusse pas oublié cela. Fort de ce souvenir, je me relevai, non sans peine, et je commençai l’ascension, marche à marche, les mains soudées aux barreaux de fer pour ne point choir, avec l’idée fixe de ne pas faire de bruit.

Trois ou quatre fois seulement mon pied manqua les degrés et je m’abattis sur les genoux, mais grâce à l’énergie de mes bras et à la tension de ma volonté, j’évitai une dégringolade complète.

Enfin, j’atteignis le second étage et je m’aventurai dans le corridor, en tâtant les murailles. Voici une porte ; je comptais : « Une » ; mais un vertige subit me détacha du mur et me fit accomplir un circuit singulier qui me jeta sur l’autre cloison. Je voulus revenir en ligne droite. La traversée fut longue et pénible. Enfin je rencontrai la côte que je me mis à longer de nouveau avec prudence et je trouvai une autre porte. Pour être sûr de ne pas me tromper, je comptai encore tout haut : « Deux » ; et je me remis en marche. Je finis par trouver la troisième. Je dis : « Trois, c’est moi » et je tournai la clef dans la serrure. La porte s’ouvrit. Je pensai, malgré mon trouble : « Puisque ça s’ouvre c’est bien chez moi. » Et je m’avançai dans l’ombre après avoir refermé doucement.

Je heurtai quelque chose de mou : ma chaise longue. Je m’étendis aussitôt dessus.

Dans ma situation, je ne devais pas m’obstiner à chercher ma table de nuit, mon bougeoir, mes allumettes. J’en aurais eu pour deux heures au moins. Il m’aurait fallu autant de temps pour me dévêtir ; et peut-être n’y serais-je pas parvenu. J’y renonçai.

J’enlevai seulement mes bottines ; je déboutonnai mon gilet qui m’étranglait, je desserrai mon pantalon et je m’endormis d’un invincible sommeil.

Cela dura longtemps sans doute. Je fus brusquement réveillé par une voix vibrante qui disait, tout près de moi : « Comment, paresseuse, encore couchée ? Il est dix heures, sais-tu ? »

Une voix de femme répondit : « Déjà ! J’étais si fatiguée d’hier. »

Je me demandais avec stupéfaction ce que voulait dire ce dialogue.

Où étais-je ? Qu’avais-je fait ?

Mon esprit flottait, encore enveloppé d’un nuage épais.

La première voix reprit : « Je vais ouvrir tes rideaux. »

Et j’entendis des pas qui s’approchaient de moi. Je m’assis tout à fait éperdu. Alors une main se posa sur ma tête. Je fis un brusque mouvement. La voix demanda avec force : « Qui est là ? » Je me gardai bien de répondre. Deux poignets furieux me saisirent. A mon tour j’enlaçai quelqu’un et une lutte effroyable commença. Nous nous roulions, renversant les meubles, heurtant les murs.

La voix de femme criait effroyablement : « Au secours, au secours ! »

Des domestiques accoururent, des voisins, des dames affolées. On ouvrit les volets, on tira les rideaux. Je me colletais avec le colonel Dumoulin !

J’avais dormi auprès du lit de sa fille.

Quand on nous eut séparés, je m’enfuis dans ma chambre, abruti d’étonnement. Je m’enfermai à clef et je m’assis, les pieds sur une chaise, car mes bottines étaient demeurées chez la jeune personne.

J’entendais une grande rumeur dans tout le château, des portes ouvertes et fermées, des chuchotements, des pas rapides.

Au bout d’une demi-heure on frappa chez moi. Je criai : « Qui est là ? » C’était mon oncle, le père du marié de la veille. J’ouvris.

Il était pâle et furieux et il me traita durement : « Tu t’es conduit chez moi comme un manant, entends-tu ? » Puis il ajouta d’un ton plus doux : « Comment, bougre d’imbécile, tu te laisses surprendre à dix heures du matin ! Tu vas t’endormir comme une bûche dans cette chambre au lieu de t’en aller aussitôt… aussitôt après. »

Je m’écriai : « Mais, mon oncle, je vous assure qu’il ne s’est rien passé… Je me suis trompé de porte, étant gris. »

Il haussa les épaules : « Allons ne dis pas des bêtises. » Je levai la main : « Je vous le jure sur mon honneur. » Mon oncle reprit : « Oui, c’est bien. C’est ton devoir de dire cela. »

A mon tour, je me fâchai, et je lui racontai toute ma mésaventure. Il me regardait avec des yeux ébahis, ne sachant pas ce qu’il devait croire.

Puis il sortit conférer avec le colonel.

J’appris qu’on avait formé aussi une espèce de tribunal de mères, auquel étaient soumises les différentes phases de la situation.

Il revint une heure plus tard, s’assit avec des allures de juge, et commença : « Quoi qu’il en soit, je ne vois pour toi qu’un moyen de te tirer d’affaires, c’est d’épouser Mlle Dumoulin. »

Je fis un bond d’épouvante :

— Quant à ça, jamais par exemple !

Il demanda gravement : « Que comptes-tu donc faire ? »

Je répondis avec simplicité : « Mais… m’en aller, quand on m’aura rendu mes bottines. »

Mon oncle reprit : « Ne plaisantons pas, s’il te plaît. Le colonel est résolu à te brûler la cervelle dès qu’il t’apercevra. Et tu peux être sûr qu’il ne menace pas en vain. J’ai parlé d’un duel, il a répondu : « Non, je vous dis que je lui brûlerai la cervelle. »

« Examinons maintenant la question à un autre point de vue.

« Ou bien tu as séduit cette enfant et, alors, c’est tant pis pour toi, mon garçon, on ne s’adresse pas aux jeunes filles.

« Ou bien tu t’es trompé étant gris, comme tu le dis. Alors c’est encore tant pis pour toi. On ne se met pas dans des situations aussi sottes. De toute façon, la pauvre fille est perdue de réputation, car on ne croira jamais à des explications d’ivrogne. La vraie victime, la seule victime là-dedans, c’est elle. Réfléchis. »

Et il s’en alla pendant que je lui criais dans le dos : « Dites tout ce que vous voudrez. Je n’épouserai pas. »

Je restai seul encore une heure.

Ce fut ma tante qui vint à son tour. Elle pleurait. Elle usa de tous les raisonnements. Personne ne croyait à mon erreur. On ne pouvait admettre que cette jeune fille eût oublié de fermer sa porte à clef dans une maison pleine de monde. Le colonel l’avait frappée. Elle sanglotait depuis le matin. C’était un scandale terrible, ineffaçable.

Et ma bonne tante ajoutait : « Demande-la toujours en mariage ; on trouvera peut-être moyen de te tirer d’affaires en discutant les conditions du contrat. »

Cette perspective me soulagea. Et je consentis à écrire ma demande. Une heure après je repartais pour Paris.

Je fus avisé le lendemain que ma demande était agréée.

Alors, en trois semaines, sans que j’aie pu trouver une ruse, une défaite, les bans furent publiés, les lettres de faire-part envoyées, le contrat signé, et je me trouvai, un lundi matin, dans le choeur d’une église illuminée, à côté d’une jeune fille qui pleurait, après avoir déclaré au maire que je consentais à la prendre pour compagne… jusqu’à la mort de l’un ou de l’autre.

Je ne l’avais pas revue, et je la regardais de côté avec un certain étonnement malveillant. Cependant, elle n’était pas laide, mais pas du tout. Je me disais : « En voilà une qui ne rira pas tous les jours. »

Elle ne me regarda point une fois jusqu’au soir, et ne me dit pas un mot.

Vers le milieu de la nuit, j’entrai dans la chambre nuptiale avec l’intention de lui faire connaître mes résolutions, car j’étais le maître maintenant.

Je la trouvai, assise dans un fauteuil, vêtue comme dans le jour, avec les yeux rouges et le teint pâle. Elle se leva dès que j’entrai et vint à moi gravement.

« Monsieur, me dit-elle, je suis prête à faire ce que vous ordonnerez. Je me tuerai si vous le désirez. »

Elle était jolie comme tout dans ce rôle héroïque, la fille du colonel. Je l’embrassai, c’était mon droit.

Et je m’aperçus bientôt que je n’étais pas volé.

Voilà cinq ans que je suis marié. Je ne le regrette nullement encore.



Pierre Létoile se tut. Ses compagnons riaient. L’un d’eux dit : « Le mariage est une loterie ; il ne faut jamais choisir les numéros, ceux de hasard sont les meilleurs. »

Et un autre ajouta pour conclure : « Oui, mais n’oubliez pas que le dieu des ivrognes avait choisi pour Pierre. »





Claude Monet
Les falaises d’Étretat, soleil couchant



Era al final de una cena de hombres, de hombres casados, viejos amigos, que se reunían a veces sin sus mujeres, como jóvenes, igual que antes. Se comía largo tiempo, se bebía mucho; se hablaba de todo, se removían recuerdos antiguos y alegres, esos recuerdos cálidos que hacen, a pesar de uno, sonreír a los labios y estremecer el corazón. Alguien decía:

—¿Te acuerdas, Georges, de nuestra excursión a Saint-Germain con esas dos chiquillas de Montmartre?

—¡Pues claro! Que si me acuerdo.

Y se rememoraban detalles, y esto y lo otro, mil pequeñas cosas, que daban gusto aún hoy.

Terminó por hablarse del matrimonio, y cada cual dijo con aire sincero:

—¡Oh! ¡Si se pudiera volver atrás!

Georges Duportin añadió:

—Es extraordinario lo fácil que cae uno en la trampa. Estaba uno resuelto a no tomar nunca esposa; y luego, en primavera se marcha uno al campo; hace calor; el verano se presenta bien; la hierba está florida; se encuentra a una muchacha en casa de unos amigos… ¡y zas! Está hecho. Vuelve uno casado.

Pierre Létoile exclamó:

—¡Justo! Esa es mi historia, solo que con algunos detalles particulares...

Su amigo le interrumpió:

—Tú no puedes quejarte. Tienes la mujer más encantadora del mundo, bonita, amable, perfecta; eres, seguro, el más dichoso de nosotros.

El otro continuó:

—No por mi culpa.

—¿Cómo es eso?

—Es verdad que tengo una mujer perfecta; pero me casé con ella a mi pesar.

—¡Venga ya!

—Sí… He aquí la aventura. Tenía treinta y cinco años y pensaba en casarme tanto como en ahorcarme. Las jovencitas me parecían insípidas y adoraba el placer.

Fui invitado, el mes de mayo, a la boda de mi primo Simon d’Érabel, en Normandía. Fue una auténtica boda normanda. Nos sentamos a la mesa a las cinco de la tarde; a las once seguíamos comiendo. Me habían emparejado, para la ocasión, con una señorita Dumoulin, hija de un coronel retirado, una joven persona rubia y militar, bien en forma, atrevida y habladora. Me acaparó completamente durante todo el día, me arrastró al parque, me hizo bailar quieras que no, me abrumó.

Yo me decía: “Por hoy pase, pero mañana me largo. Ya basta”.

Cerca de las once de la noche, las mujeres se retiraron a sus habitaciones; los hombres se quedaron a fumar mientras bebían, o a beber mientras fumaban, si os parece mejor.

Por la ventana abierta se percibía el baile campestre. Rústicos y rústicas saltaban en círculo, aullando un aire de danza salvaje que acompañaban débilmente dos violinistas y un clarinete subidos a una gran mesa de cocina, a modo de estrado. El canto tumultuoso de los pueblerinos cubría a veces por entero la canción de los instrumentos; y la frágil música, desgarrada por las voces desatadas, parecía caer del cielo en jirones, en pequeños fragmentos de notas dispersas.

Dos grandes barricas, rodeadas de antorchas llameantes, servían de beber a la multitud. Dos hombres se ocupaban de enjuagar los vasos o los tazones en una tina para llevarlos inmediatamente bajo los grifos, de donde fluía el hilo rojo del vino o el hilo de oro de la sidra pura; y los bailadores sedientos, los viejos tranquilos, las muchachas sudorosas se agolpaban, tendían los brazos para tomar a su vez un recipiente cualquiera y servirse en grandes tragos, echando atrás la cabeza, el líquido que preferían. En una mesa había pan, mantequilla, quesos y longanizas. Cada cual se echaba adentro un bocado de tanto en tanto: y bajo el cielo de fuego de las estrellas, daba gusto ver esa fiesta sana y violenta, daban ganas de beber también del vientre de aquellos gruesos toneles y comer pan rústico con mantequilla y una cebolla cruda.

Me vino un deseo loco de tomar parte en el regocijo, y abandoné a mis compañeros.

Estaba quizá un poco bebido, debo confesarlo; pero pronto lo estuve del todo.

Había agarrado de la mano a una recia pueblerina agigolada, y la hice saltar sin compasión hasta quedarme sin aliento.

Y luego bebí un trago de vino y agarré a otra buena moza. Para refrescarme enseguida, me eché adentro un tazón lleno de sidra y me puse otra vez a brincar como un poseso.

Me sentía flexible; los mozos, encantados, me contemplaban tratando de imitarme; las muchachas querían todas bailar conmigo y saltaban toscamente con elegancias de vacas.

En fin, de ronda en ronda, de vaso de vino en vaso de sidra, me vi, cerca de la dos de la mañana, con una curda que no me tenía.

Fui consciente de mi estado y quise llegar hasta mi habitación. El castillo dormía, silencioso y en sombra.

No tenía cerillas y todo el mundo se había acostado. Nada más entrar en el vestíbulo, me asaltaron los mareos; me costó mucho encontrar la barandilla; al cabo, la encontré por azar, a tientas, y me senté en el primer peldaño de la escalera para tratar de ordenar un poco las ideas.

Mi habitación se encontraba en el segundo piso, la tercera puerta a la izquierda. Por fortuna no lo había olvidado. Animado por este recuerdo, me puse en pie de nuevo, no sin dificultad, y comencé la ascensión, peldaño a peldaño, las manos bien agarradas a los barrotes de hierro para no desplomarme, con la idea fija de no hacer ruido.

Solo tres o cuatro veces mi pie no alcanzó el escalón y caí de rodillas, pero gracias a la energía de los brazos y a la fuerza de voluntad, evité dar una voltereta entera.

Al cabo, llegué al segundo piso y me aventuré por el corredor, tanteando las paredes. He aquí una puerta; conté: “Una”; pero un vértigo repentino me despegó del muro y me hizo llevar a cabo un recorrido singular que me arrojó sobre el otro tabique. Quise regresar en línea recta. La travesía fue larga y penosa. Al cabo di en la costa, empecé a bordearla de nuevo con prudencia y encontré otra puerta. Para estar seguro de no equivocarme, seguí contando en voz alta: “Dos”; y me puse otra vez en marcha. Terminé por encontrar la tercera. Dije: “Tres, soy yo” y giré la llave en la cerradura. La puerta se abrió. Pensé, a pesar de mi confusión: “Puesto que se abre, sin duda es mi cuarto”. Y me interné en la sombra después de cerrar cuidadosamente.

Tropecé con una cosa blanda: mi chaise longue. De inmediato me eché encima.

En mi situación, no debía obstinarme en buscar la mesita de noche, el candelero, las cerillas. Hubiera tardado al menos dos horas. Otro tanto hubiera hecho falta para desvestirme; y quizá no lo hubiese conseguido. Renuncié a ello.

Me quité solamente los botines. Desabotoné el chaleco que me asfixiaba, aflojé el pantalón y me quedé dormido con un sueño irresistible.

Duró largo rato, sin duda. Me despertó bruscamente una voz vibrante que decía, muy cerca de mí:

—¿Cómo, perezosa, aún acostada? Son las diez, ¿sabes?

Una voz de mujer respondió:

—¡Ya! Estaba tan agotada de ayer.

Me preguntaba estupefacto qué quería decir ese diálogo.

¿Dónde estaba? ¿Qué había hecho?

Mi pensamiento flotaba, envuelto aún en una nube espesa.

La primera voz continuó:

—Voy a abrir las cortinas.

Y escuché pasos que se aproximaban. Me senté, completamente fuera de mí. Entonces una mano se posó en mi cabeza. Hice un movimiento brusco. La voz preguntó con fuerza:

—¿Quién anda ahí?

Me guardé bien de responder. Dos muñecas furiosas me agarraron. A mi vez estreché a alguien y comenzó una lucha espantosa. Dábamos vueltas, derribando los muebles, chocando contra las paredes.

La voz de mujer gritaba despavorida:

—¡Socorro, socorro!

Acudieron dos criados, vecinos, damas espantadas. Se abrieron los postigos, se descorrieron las cortinas. ¡Estaba luchando con el coronel Dumoulin!

Había dormido junto a la cama de su hija.

Cuando nos separaron, escapé a mi habitación, aturdido por el asombro. Me encerré con llave y me senté, con los pies sobre una silla, porque mis botines habían quedado en el cuarto de esa joven persona.

Escuché un gran rumor por todo el castillo, puertas que se abrían y cerraban, susurros, pasos rápidos.

Al cabo de una media hora llamaron a la puerta. Grité:

—¿Quién es?

Era mi tío, el padre del novio de la víspera. Abrí.

Estaba pálido y furioso y me trató con dureza:

—Te has portado en mi casa como un villano, ¿me escuchas?

Luego añadió en un tono más calmado:

—¡Pero cómo, pedazo de imbécil, te dejas sorprender a las diez de la mañana! Ir a dormirte como un tronco en esa habitación en lugar de marcharte al instante… al instante siguiente.

Yo exclamé:

—Pero tío, le aseguro que no ha ocurrido nada… Me he equivocado de puerta, por la borrachera.

Se encogió de hombros:

—Venga, no digas tonterías.

Alcé la mano:

—Se lo juro por mi honor.

Mi tío continuó:

—Sí, está bien. Es tu deber decir eso.

Me enfadé a mi vez, y le conté toda mi desventura. Me miraba con ojos alucinados, sin saber qué debía creer.

Luego salió a conferenciar con el coronel.

Supe que se había formado también una especie de tribunal de madres, al que eran sometidas las diferentes fases de la negociación.

Regresó una hora más tarde, se sentó con aspecto de juez, y comenzó:

—Sea como sea, no veo para ti más que un modo de salir del apuro, casarte con mademoiselle Dumoulin.

Di un brinco de espanto.

—Eso, ¡de ninguna manera!

Él preguntó con seriedad:

—¿Qué piensas hacer entonces?

Respondí ingenuamente:

—Pues… marcharme de aquí, en cuanto me devuelvan los botines.

Mi tío continuó:

—Déjate de bromas, si quieres. El coronel está resuelto a saltarte la tapa de los sesos en cuanto te aperciba. Y puedes estar seguro de que no amenaza en vano. Le he hablado de un duelo, me ha respondido: ‘No, le digo que le saltaré la tapa de los sesos’.

”Examinemos ahora la cuestión desde otro punto de vista.

”O bien has seducido a esa niña, y entonces, tanto peor para ti, muchacho; no hay que dirigirse a las jovencitas.

”O bien te has equivocado por la borrachera, como tú dices. En ese caso, es aun peor para ti. No debe uno ponerse en situaciones tan tontas. De cualquier modo, la pobre muchacha ha perdido su reputación, puesto que nunca se dará crédito a explicaciones de borracho. La verdadera víctima, la única víctima en todo esto, es ella. Reflexiona.

Y se marchó de allí mientras yo gritaba a su espalda:

—Diga todo lo que quiera. No me caso.

Me quedé solo aún una hora.

Fue mi tía quien vino esta vez. Lloraba. Utilizó todos los razonamientos. Nadie creía en mi error. No podía admitirse que esa jovencita hubiera olvidado cerrar la puerta con llave en una casa llena de gente. El coronel la había pegado. Sollozaba desde por la mañana. Era un escándalo terrible, imborrable.

Y mi buena tía añadía:

—Pídela en matrimonio, de todas formas; quizá habrá un medio de sacarte del apuro al discutir las condiciones del contrato.

Esa perspectiva me alivió. Y consentí en escribir mi petición. Una hora después partía de nuevo hacia París.

Al día siguiente me comunicaron que mi petición había sido aceptada.

Luego, en tres semanas, sin que pudiera encontrar un ardid, un descosido, se publicaron las amonestaciones, se enviaron la invitaciones, se firmó el contrato, y me vi, un lunes por la mañana, en el coro de una iglesia iluminada, al lado de una jovencita que lloraba, después de haber declarado ante el alcalde que consentía en tomarla por compañera… hasta la muerte del uno o de la otra.

No había vuelto a verla, y la miraba de lado con un cierto asombro malicioso. A pesar de todo, no era fea, de ninguna manera. Me decía: “He aquí una que no reirá todos los días”.

Ella no me miró una sola vez hasta la noche; y no me dijo palabra.

Cerca de medianoche, entré en el cuarto nupcial con la intención de hacerle saber lo que había resuelto, puesto que ahora el amo era yo.

La encontré, sentada en una butaca, vestida como durante el día, con los ojos rojos y la tez pálida. Se levantó en cuanto entré y se acercó seriamente.

—Señor —me dijo—, estoy dispuesta a hacer lo que ordene. Me mataré si lo desea.

Estaba bonita a reventar en ese papel heroico, la hija del coronel. La besé, estaba en mi derecho.

Y bien pronto percibí que no me habían estafado.

Hará cinco años que me casé. Y aún sigo sin lamentarlo.



Pierre Létoile se calló. Sus compañeros reían. Uno de ellos dijo:

—El matrimonio es una lotería; no hay que elegir los números, los del azar son los mejores.

Y otro añadió para concluir:

—Sí, pero no olvidéis que el dios de los borrachos había elegido por Pierre.


GUY DE MAUPASSANT
'Ma femme' (Mi mujer)

Traducción de Alan

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21 septiembre 2019

LES AVENTURIERS
ENRICO · ROUBAIX · SHIMKUS



LES AVENTURIERS
FRANÇOIS DE ROUBAIX

1. Laetitia (Alain Delon)
2. Journal de bord
3. Enterrement sous-marin (Christiane Legrand)
4. Acrobaties aériennes
5. Casino latino
6. Manu et Roland
7. Les aventuriers
8. Enterrement sous-marin (version sifflée)
9. Pilleurs d'épave
10. Générique fin
11. Les aventuriers (Théo Sarapo)

BONUS TRACKS

12. Journal de bord
13. Enterrement sous-marin (version inédite)
14. Les aventuriers (Joanna Shimkus)

De Tante Zita (1967):
15. Le monde est fou (Joanna Shimkus)
16. Loin (Joanna Shimkus)



LES AVENTURIERS (1966)

Dirección: Robert Enrico
Guión: Robert Enrico, José Giovanni y Pierre Pelegri,
a partir de la novela Les aventuriers de José Giovanni
Fotografía: Jean Boffety
Música: François de Roubaix
Intérpretes: Joanna Shimkus, Lino Ventura, Alain Delon, Serge Reggiani

Versión original en francés, subtítulos en español


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12 septiembre 2019

STENDHAL
LA CHARTREUSE DE PARME



Pendant que le vieux guichetier s'écriait : « Mais mon devoir ne me permet pas... » Clélia montait rapidement les six marches ; elle se précipita contre la porte ; une clef énorme était dans la serrure ; elle eut besoin de toutes ses forces pour la faire tourner.  À ce moment, le vieux guichetier à demi ivre saisissait le bas de sa robe ; elle entra vivement dans la chambre, referma la porte en déchirant sa robe, et, comme le guichetier la poussait pour entrer après elle, elle la ferma avec un verrou qui se trouvait sous sa main.  Elle regarda dans la chambre et vit Fabrice assis devant une fort petite table où était son dîner. Elle se précipita sur la table,  la renversa,  et,  saisissant le bras de Fabrice,  lui dit :

— As-tu mangé ?

Ce tutoiement ravit Fabrice. Dans son trouble Clélia oubliait pour la première fois la retenue féminine, et laissait voir son amour.

Fabrice allait commencer ce fatal repas ; il la prit dans ses bras et la couvrit de baisers. Ce dîner était empoisonné, pensa-t-il : si je lui dis que je n'y ai pas touché, la religion reprend ses droits et Clélia s'enfuit. Si elle me regarde au contraire comme un mourant, j'obtiendrai d'elle qu'elle ne me quitte point. Elle désire trouver un moyen de rompre son exécrable mariage, le hasard nous le présente : les geôliers vont s'assembler, ils enfonceront la porte, et voici une esclandre telle que peut-être le marquis Crescenzi en sera effrayé, et le mariage rompu.

Pendant l'instant de silence occupé par ces réflexions, Fabrice sentit déjà que Clélia cherchait à se dégager de ses embrassements.

— Je ne sens point encore de douleurs, lui dit-il, mais bientôt elles me renverseront à tes pieds ; aide-moi à mourir.

— Ô mon unique ami ! lui dit-elle, je mourrai avec toi.

Elle le serrait dans ses bras, comme par un mouvement convulsif.

Elle était si belle, à demi vêtue et dans cet état d'extrême passion, que Fabrice ne put résister à un mouvement presque involontaire. Aucune résistance ne fut opposée.

Dans l'enthousiasme de passion et de générosité qui suit un bonheur extrême, il lui dit étourdiment :

— Il ne faut pas qu'un indigne mensonge vienne souiller les premiers instants de notre bonheur : sans ton courage je ne serais plus qu'un cadavre, ou je me débattrais contre d'atroces douleurs ; mais j'allais commencer à dîner lorsque tu es entrée, et je n'ai point touché à ces plats.

Fabrice s'étendait sur ces images atroces pour conjurer l'indignation qu'il lisait déjà dans les yeux de Clélia. Elle le regarda quelques instants, combattue par deux sentiments violents et opposés, puis elle se jeta dans ses bras. On entendit un grand bruit dans le corridor, on ouvrait et on fermait avec violence les trois portes de fer, on parlait en criant.

— Ah ! si j'avais des armes ! s'écria Fabrice ; on me les a fait rendre pour me permettre d'entrer. Sans doute ils viennent pour m'achever ! Adieu, ma Clélia, je bénis ma mort puisqu'elle a été l'occasion de mon bonheur.

Clélia l'embrassa et lui donna un petit poignard à manche d'ivoire, dont la lame n'était guère plus longue que celle d'un canif.

— Ne te laisse pas tuer, lui dit-elle, et défends-toi jusqu'au dernier moment ; si mon oncle l'abbé entend le bruit, il a du courage et de la vertu, il te sauvera ; je vais leur parler.

En disant ces mots elle se précipita vers la porte.

— Si tu n'es pas tué, dit-elle avec exaltation, en tenant le verrou de la porte, et tournant la tête de son côté, laisse-toi mourir de faim plutôt que de toucher à quoi que ce soit. Porte ce pain toujours sur toi.

Le bruit s'approchait, Fabrice la saisit à bras le corps, prit sa place auprès de la porte, et ouvrant cette porte avec fureur, il se précipita sur l'escalier de bois de six marches. Il avait à la main le petit poignard à manche d'ivoire, et fut sur le point d'en percer le gilet du général Fontana, aide de camp du prince, qui recula bien vite, en s'écriant tout effrayé :

— Mais je viens vous sauver, monsieur del Dongo.

Fabrice remonta les six marches, dit dans la chambre : — Fontana vient me sauver ; puis, revenant près du général sur les marches de bois, s'expliqua froidement avec lui. Il le pria fort longuement de lui pardonner un premier mouvement de colère.

— On voulait m'empoisonner ; ce dîner qui est là devant moi est empoisonné ; j'ai eu l'esprit de ne pas y toucher, mais je vous avouerai que ce procédé m'a choqué. En vous entendant monter, j'ai cru qu'on venait m'achever à coups de dague... Monsieur le général, je vous requiers d'ordonner que personne n'entre dans ma chambre : on ôterait le poison, et notre bon prince doit tout savoir.

Le général, fort pâle et tout interdit, transmit les ordres indiqués par Fabrice aux geôliers d'élite qui le suivaient : ces gens, tout penauds de voir le poison découvert, se hâtèrent de descendre ; ils prenaient les devants, en apparence, pour ne pas arrêter dans l'escalier si étroit l'aide de camp du prince, et en effet pour se sauver et disparaître. Au grand étonnement du général Fontana, Fabrice s'arrêta un gros quart d'heure au petit escalier de fer autour de la colonne du rez-de-chaussée ; il voulait donner le temps à Clélia de se cacher au premier étage.





Mientras el viejo carcelero exclamaba: “Pero el deber no me permite...” Clélia ascendía con rapidez los seis peldaños; se precipitó contra la puerta; una llave enorme estaba en la cerradura; necesitó de todas sus fuerzas para hacerla girar. En ese instante, el viejo carcelero medio borracho la asía del bajo del vestido; entró con presteza en la habitación, volvió a cerrar la puerta desgarrándose el vestido, y, como el carcelero la empujaba para entrar tras de ella, la cerró con un pasador que se hallaba bajo su mano. Miró en la habitación y vio a Fabrice sentado ante una mesa muy pequeña donde tenía su cena. Se precipitó sobre la mesa, la hizo caer, y, asiendo del brazo a Fabrice, le dijo:

—¿Has comido?

Ese tuteo encantó a Fabrice. En su turbación Clélia olvidaba por primera vez la compostura femenina, y dejaba ver su amor.

Fabrice se disponía a iniciar esa comida funesta; la tomó entre sus brazos y la cubrió de besos. Esa cena estaba envenenada, pensó: si le digo que no la he tocado, la religión retoma sus derechos y Clélia huye. Si por el contrario me ve como a un moribundo, obtendré de ella que de ningún modo me abandone. Desea encontrar un medio para anular su execrable boda, el azar nos lo presenta: los carceleros van a juntarse, forzarán la puerta, y he aquí un escándalo tal que tal vez el marqués Crescenzi se asustará, y la boda quedará anulada.

Durante el instante de silencio que ocuparon esas reflexiones, Fabrice sintió que ya Clélia buscaba librarse de sus abrazos.

—Aún no siento dolores —le dijo—, pero pronto me harán caer a tus pies; ayúdame a morir.

—¡Oh mi único amigo! —le dijo ella—, moriré contigo.

Ella le estrechaba entre sus brazos, como por un movimiento convulsivo.

Estaba tan hermosa, medio vestida y en ese estado de extrema pasión, que Fabrice no pudo resistir un movimiento casi involuntario. Ninguna resistencia se opuso.

En el entusiasmo de pasión y de generosidad que sigue a una felicidad extrema, él le dijo descuidadamente:

—No es necesario que una indigna mentira venga a manchar los primeros instantes de nuestra felicidad: sin tu coraje no sería más que un cadáver, o me debatiría ante atroces dolores; pero me disponía a cenar cuando has entrado, y no he tocado esos platos.

Fabrice se extendía sobre esas imágenes atroces para conjurar la indignación que leía ya en los ojos de Clélia. Ella le miró unos instantes, enfrentada a dos sentimientos violentos y opuestos, luego se arrojó en sus brazos. Se escuchó gran ruido en el pasillo, abrían y cerraban con violencia las tres puertas de hierro, hablaban a gritos.

—¡Ah! ¡Si tuviese armas! —exclamó Fabrice—; me obligaron a entregarlas para dejarme entrar. ¡Sin duda vienen a rematarme! Adiós, mi Clélia, bendigo la muerte puesto que ha sido la ocasión de mi felicidad.

Clélia le besó y le entregó un pequeño puñal de mango de marfil, cuya hoja apenas era más larga que la de una navaja.

—No te dejes matar —le dijo—, y defiéndete hasta el último instante; si mi tío el abad escucha el ruido, tiene coraje y virtud, él te salvará; voy a hablar con ellos.

Diciendo estas palabras se precipitó hacia la puerta.

—Si no caes muerto —dijo con exaltación, sosteniendo el pasador de la puerta, y volviendo la cabeza de su lado—, déjate morir de hambre antes que probar cualquier cosa. Lleva este pan siempre contigo.

El ruido se aproximaba. Fabrice la agarró de los brazos, ocupó su lugar junto a la puerta, y abriéndola con furor, se precipitó hacia la escalera de madera de seis peldaños. Llevaba en la mano el pequeño puñal de mango de marfil, y a punto estuvo de atravesar el chaleco del general Fontana, edecán del príncipe, que retrocedió deprisa, exclamando asustado:

—Pero vengo a salvaros, señor del Dongo.

Fabrice volvió subir los seis peldaños, dijo en la habitación: "Fontana viene a salvarme"; luego, regresando cerca del general hasta los peldaños de madera, se explicó calmadamente con él. Le suplicó largo rato que le perdonase un primer movimiento de cólera.

—Querían envenenarme; esa cena que está allí ante mí está envenenada; he tenido el ingenio de no tocarla, pero os confesaré que ese comportamiento me ha trastornado. Al oíros subir, he creído que venían a rematarme a golpes de daga… Señor general, os pido que deis orden de que nadie entre en mi habitación: harían desparecer el veneno, y nuestro buen príncipe debe saber todo.

El general, pálido y atónito, transmitió las órdenes de Fabrice a los carceleros de élite que le seguían: esas gentes, avergonzadas de ver descubierto el veneno, se apresuraron a descender; tomaban la delantera, en apariencia, para no detener en escalera tan estrecha al edecán del príncipe, y en realidad para escapar y desaparecer. Con gran asombro del general Fontana, Fabrice se detuvo un buen cuarto de hora en la pequeña escalera de hierro que circundaba la columna de la planta baja; quería dar tiempo a Clélia de ocultarse en el primer piso.


STENDHAL
La Chartreuse de Parme  (XXV)

Traducción de Alan

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10 septiembre 2019

ZMLUVA S DIABLOM
LA SCUOLA DELLE VERGINI


ZMLUVA S DIABLOM (1967)
Pacto con el diablo

Dirección: Jozef Zachar
Guión: Ivan Bukovčan
Fotografía: Vladimír Ješina
Música: Zdeněk Liška
Intérpretes: Ivana Karbanová, Marta Rašlová, Zuzana Kocúriková, Sylvia Turbová, Viera Šimeková, Jaromír Hanzlík, Vladimír Menšík

Versión original en eslovaco, subtítulos en inglés y en portugués


Zdeněk Liška hizo una hermosa música para Zmluva s diablom. En Italia, el film se estrenó con el título La scuola delle vergini y esta otra música, también excepcional, de Carlo Savina.




LA SCUOLA DELLE VERGINI
CARLO SAVINA

1. La scuola delle vergini
2. Down-Left
3. Esclavas
4. Tamburi violenti
5. Influence
6. Valzer cecko
7. Contestation influence
8. Parlando d’amore in una serata d´estate
9. Classico momento
10. 2968
11. Organo solo in un mattino di guerra
12. Corsa nella citta’
13. Contest jazz
14. Beat ruggente

BONUS TRACKS
15. La scuola delle vergini (shake psicologico)
16. Organo solo in un mattino di guerra (atmosfera religiosa)
17. Contestation influence (shake 1968)
18. La scuola delle vergini (organ galore)
19. La scuola delle vergini (festa in casa)
20. La scuola delle vergini (chitarre Hippies)
21. La scuola delle vergini (shake delle vergini)
22. Corsa nella citta’ (alta velocità)
23. Down-Left (sequenza psichedelica)
24. La scuola delle vergini (discoteque a go go)

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08 septiembre 2019

DORIVAL CAYMMI
CANÇÕES PRAIEIRAS · CAYMMI E SEU VIOLÃO



CANÇÕES PRAIEIRAS · CAYMMI E SEU VIOLÃO
DORIVAL CAYMMI

CANÇÕES PRAIEIRAS (1954)
1. Quem Vem Para Beira Do Mar
2. O Bem Do Mar
3. O Mar
4. Canoeiro
5. É Doce Morrer No Mar
6. A Jangada A Voltou Só
7. A Lenda Do Abaeté
8. Saudades De Itapoan

CAYMMI E SEU VIOLÃO (1959)
9. Canoeiro
10. A Jangada Voltou Só
11. Dois De Fevereiro
12. É Doce Morrer No Mar
13. Coqueiro De Itapoan [Aka Saudades De Itapoan]
14. O Mar
15. O Vento
16. O Bem Do Mar
17. Quem Vem Para Beira Do Mar
18. A Lenda Do Abaeté
19. Promessa De Pescador
20. Noite De Temporal

BONUS TRACKS
from the LP Sambas de Caymmi (1955)
21. Rosa Morena
22. Nunca Mais
23. Nao Tem Soluçao
24. Só Louco
25. Sábado Em Copacabana

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26 agosto 2019

BAZAAR D'ORIENT
RADIO MARTIKO



ORIENTAL BAZAR






CHEESE CAKE & BOUZOUKI SHAKE






ORIENTAL ROCK






EASTERN STANDARD TIME




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14 agosto 2019

LOS DINAMITEROS
L'ULTIMO RIFIFI


LOS DINAMITEROS (1962)

Dirección: Juan García Atienza
Guión: Luis Ligero y Juan García Atienza,
a partir de una historia de Rodrigo Rivero Balestia
Fotografía: Juan Mariné
Música: Piero Umiliani
Intérpretes: José Isbert, Sara García, Carlo Pisacane, Lola Gaos, Vicky Ludovisi

Versión original en español




L'ULTIMO RIFIFI (LOS DINAMITEROS)
PIERO UMILIANI

1. Rififi in minore
2. Rififi samba
3. Rififi variato
4. Rififi misterioso
5. Rififi finale

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04 agosto 2019

JOÃO GILBERTO
THE WARM WORLD OF JOÃO GILBERTO



THE WARM WORLD OF JOÃO GILBERTO
JOÃO GILBERTO

CHEGA DE SAUDADE
1. Chega de Saudade (Jobim-De Moraes)
2. Bim Bom (João Gilberto)
3. Hó Bá Lá Lá Lá (João Gilberto)
4. Desafinado (Jobim-Mendonça)
5. Brigas, Nunca Mais (Jobim-De Moraes)
6. Morena Boca de Ouro (Ary Barroso)
7. Maria Ninguém (Carlos Lyra)
8. Lobo Bobo (Lyra-Bôscoli)
9. Aos Pés da Cruz (Pinto-Gonçalves)
10. É Luxo Só (Barroso-Peixoto)
11. Saudade Fez um Samba (Lyra-Bôscoli)
12. Rosa Morena (Dorival Caymmi)

JOÃO GILBERTO
13. Manhã de Carnaval (Luiz Bonfá)
14. O Nosso Amor / A Felicidade (De Moraes / Jobim-De Moraes)

O AMOR, O SORRISO E A FLOR
15. Só Em Teus Braços (Antônio Carlos Jobim)
16. Se é Tarde Me Perdoa (Lyra-Bôscoli)
17. Meditação (Jobim-Mendonça)
18. Corcovado (Antônio Carlos Jobim)
19. Discussão (Jobim-Mendonça)
20. Amor Certinho (Roberto Guimarães)
21. Um Abraço no Bonfá (João Gilberto)
22. Doralice (Almeida-Caymmi)
23. Samba de Uma Nota Só (Jobim-Mendonça)
24. O Pato (Silva-Texeira)
25. Outra Vez (Antônio Carlos Jobim)
26. Trevo de 4 Folhas (Im Looking Over a 4-Leaf Clover)
(Nilo Sergio - Adpt: Woods-Dixon)

JOÃO GILBERTO
27. Bolinha de Papel (Geraldo Pereira)
28. Samba da Minha Terra (Dorival Caymmi)
29. Saudade da Bahia (Dorival Caymmi)
30. Trenzinho (Trem de Ferro) (Lauro Maia)
31. Presente de Natal (Nelcy Noronha)
32. O Barquinho (Menescal-Bôscoli)
33. Insensatez (Jobim-De Moraes)
34. O Amor em Paz (Jobim-De Moraes)
35. Coisa Mais Linda (Lyra-De Moraes)
36. Você e Eu (Lyra-De Moraes)
37. A Primeira Vez (Marçal-Barcellos)
38. Este Seu Olhar (Antônio Carlos Jobim)

BONUS TRACK
39. Este Seu Olhar (Antônio Carlos Jobim)

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23 julio 2019

BIOLOGY
WONDERFUL WORLD



BIOLOGY
WONDERFUL WORLD

Imagen:
Birds
Foto de Alan




1. Biology
Sue Raney

2. Wonderful World
Sam Cooke



3. Song Of Jumbies
Josephine Premice

4. Lonely Blue Night
Tomomi Sawa



5. Yopparata Ojousan (Drunken Lady)
Pinky Chicks

6. Toi mon bel amour
Henri Salvador



7. La plus belle pour aller danser
Sylvie Vartan

8. Ne dis rien
Michèle Arnaud



9. Kalokaíri (Summer)
Stavros Xarhakos

10. Spicy Marguerita
Giorgos Theodosiadis



11. Ilissós
Margarita Papageorgiou


O drakos (The Ogre of Athens, 1956)
Música de Mános Hatzidákis



12. Danza mora
Manolo de Badajoz

13. En los pueblos de mi Andalucía
Niña de la Puebla



14. Qué mala suerte la mía
Los Amaya

15. Voy, voy
Peret



16. Bla Bla Cha Cha
Don Tiki

17. Lei no, lei sta ballando
Chico Buarque



18. Sea Of Heartbreak
Don Gibson



19. Just Like Me, Summer Song, Tall Dark Stranger
Robert Mitchum, Loretta Young, Gary Gray


Rachel and the Stranger (1948)
Música de Roy Webb



20. Aria campestre
Carlo Rustichelli

21. Sans toi
Corinne Marchand, Michel Legrand



22. Dancers In Love
Duke Ellington

23. Everybody Come Clap Your Hands
Moody & The Deltas



24. Top Crack
Gianni Marchetti

25. Psyché Rock
Michel Colombier, Pierre Henry



26. El hombre y la Tierra
Antón García Abril

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